Maryline aujourd'hui
Maryline aujourd'hui

Maryline Berry

Pionnière du hip hop en France

Figure méconnue des danses hip hop en France aujourd’hui, Maryline Berry participe au mouvement qui fait naître le breaking dans l’Hexagone, le rendant ainsi accessible aux femmes.
Paris, 1980. Alors que le hip hop n'en est encore qu'à ses balbutiements, Maryline Berry s'impose comme l'une de ses figures pionnières. Entre apprentissage autodidacte, scènes alternatives et aventures collectives, elle incarne toute une génération de danseurs et danseuses qui ont façonné ce mouvement.
Pionnière en France, Maryline Berry naît à Paris en 1967. Elle grandit dans un environnement où l'on écoute et danse le funk. C'est dans les boums de son quartier et dans des boîtes parisiennes qu'à l'âge de 14 ans, elle explore différents styles de danse, du funk au jazz-rock, en passant par la soul.
À l'époque, peu de personnes croient aux mouvements en train d'émerger, souvent perçus comme un simple effet de mode. Pourtant, dans des clubs emblématiques comme le Bataclan, le Globo, le Palace et d'autres, une poignée de passionné·es se retrouve régulièrement pour danser, écouter du bon son. Le milieu reste restreint, mais animé par une énergie collective forte.
Maryline s'entraîne également à la Maison pour tous d'Elancourt, à Trappes, avec lffra Dia, ainsi que dans une salle à Saint-Denis, gérée par Nabil de Quintessence.
En 1984, elle répond à un casting lancé par le médecin Jean Djemad et la chorégraphe Christine Coudin. Leur projet, à la fois artistique et social, s'adresse aux jeunes des quartiers. Une quarantaine de participants se retrouvent dans un parking de Saint-Quentin-en-Yvelines pour danser hip hop, jazz, jazz-rock, funk et reggae.
De cette initiative naît un spectacle au succès médiatique, J'en ai tout à foutre, première création de la compagnie Black Blanc Beur (B3).
Parmi les pièces marquantes : Mr Zzarbi, contrepied sur le thème du football, qui tourne pendant trois ans dans une trentaine de pays africains ; Lambarena, songe d'un cri d'été, créé à l'Opéra de Nuremberg, où elle est assistante chorégraphe ; Rapetipas avec DJ Dee Nasty, puis DJ Abdel, retraçant l'histoire de la culture hip hop ; Des filles, un duo avec Malika Zagreb ; Balade solo sur Chopin et Si je t'aime, où elle assiste Christine Coudin, ainsi que de nombreux projets culturels.
Parallèlement, avec Max-Laure Bourjolly et Sylvie Eboué, elle intègre le groupe Boumayé Band, créé par Alex Bent, Richard M’Passi et Sylvain Aupra, qui se produit lors d'événements.
À l'occasion d'un festival de rap, elle danse pour le groupe Timide et Sans Complexe, avec Max-Laure Bourjolly et Hakim Maïche. Afrika Bambaataa, fondateur de la Zulu Nation, présent ce jour-là, vient les saluer, impressionné par leur performance.
Elle a eu l'honneur de participer pendant un mois à un stage avec les Electric Boogaloos.
À ses débuts, les femmes sont encore très peu nombreuses dans le milieu hip hop. Avec Karima Khelifi (Aktuel Force), elles font partie des rares danseuses à pratiquer le breaking, un univers aujourd'hui devenu largement mixte. De cette époque, elle garde le goût de l'autodidaxie, de la recherche d'identité artistique et des échanges bienveillants propres aux battles.
Mère de trois enfants, après 20 ans consacrés à la pédagogie et aux tournées, Maryline Berry quitte le monde professionnel de la danse au début des années 2000.
Elle n'en demeure pas moins une figure essentielle d'une période fondatrice qui a marqué l'histoire des danses hip hop en France. La danse reste aujourd'hui encore au cœur de sa vie.